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  • passagers des sciences

[Journal de bord] Saint-Paul et Amsterdam

22 décembre 18

A la lueur de la pleine lune, nous sommes arrivés hier soir à l’île de Saint-Paul… une arrivée fantomatique sur une île fascinante, formée d’un cratère effondré surmonté de hautes crêtes qui se devinent dans le noir.

Deux lumières nous accueillent, l’Austral, qui vient pêcher la langouste sera notre voisin de mer. Et à terre, on devine la lumière de la cabane, habitée par les 6 scientifiques, restés là pendant un mois. Ah, il y a aussi les reflets de la lune sur la mer, qu’on dirait éclairée par un projecteur sous l’eau.

A 4h30, il fait jour et nous sommes à la passerelle pour découvrir la beauté austère de Saint-Paul. Près de la passe qui permet d’accéder au cratère, on découvre des dizaines d’otaries à fourrure, nous allons nous régaler toute la matinée de les voir nager et chasser à proximité du bateau. Tout près, c’est le débarcadère des gorfous sauteurs. Ils sont trop loin pour qu’on voit leur jolies aigrettes jaunes… dommage ! Mais en regardant bien, on voit que les pentes sont couvertes de gorfous !! Il y a aussi des nuées de sternes antarctiques et de nombreux albatros à bec jaune… Quel paradis des animaux…




Du Marion Dufresne, on peut voir l'Austral ainsi que ses petits canots qui servent à poser et récupérer les casiers à langoustes.


Il faudra près de 6h et une quinzaine d’allers-retours en annexe pour récupérer tout le matériel et l’équipe de scientifiques. Le passage de la passe est délicat avec des vagues qui cassent, encore un beau travail de l’équipage. Les ornithologues et botanistes qui ont séjourné sur Saint-Paul venaient réaliser un inventaire général de la faune et la flore de l’île, ce qui n’avait jamais été fait avec une telle ampleur. Ils ont aussi tenté d’estimer la population de souris introduites et ont vérifié que l’éradication du rat était réussie. Il semble que ce soit le cas et le retour des oiseaux a l’air bon, en particulier une rare espèce de prion.

A la mi-journée, après cette mission accomplie, nous prenons le cap au Nord vers l’île d’Amsterdam. A nouveau, l’émerveillement de voir pour la première fois une nouvelle île ! Elle se découvre peu à peu coiffé d’un nuage gris. En approchant, nous serons gâtés par une profusion d’animaux. Au loin, les falaises d’Entrecasteaux qui défendent la côte Sud-Est. Plus on s’approche, plus on réalise le nombre d’albatros qui patrouillent. Ce sont des albatros à bec jaune, littéralement en nuée, c’est incroyable de les voir si nombreux. C’est la plus grande colonie du monde. Et puis, tout arrive en même temps : des poissons volants, des otaries qui nagent comme des dauphins, des gorfous par centaines dans les pentes… Pendant ces quelques minutes, on ne sait plus où donner de la tête et des yeux !

Puis, le relief s’adoucit, et bien vite on voit la base Martin de Viviès.

Le nombre d’otaries sur les rochers juste en contrebas est phénoménal… Nous ne débarquerons pas ce soir, la base est en pénurie d’eau et le nombre de personnes qui pourront y dormir est limité. Mais demain, nous mettrons le pied sur Amsterdam.



Chaque arrivée sur une nouvelle île est un moment suspendu de découverte et de rencontre.

A demain Francine & Eric

Position du bateau ce soir : Latitude : 37°79 Sud Longitude : 77°57 Est

Température de l’air : 18,7°C Température de l’eau : 17,6°C

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