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  • passagers des sciences

[Journal de bord] De la brume et...


9 décembre 18

Au réveil, la brume nous entoure, la visibilité est réduite, c’est le signe que nous entrons dans les mers du grand Sud. Il y a un peu de fébrilité dans l’air, verrons-nous le premier albatros aujourd’hui ?

Nous passons une bonne partie de la matinée à la passerelle à fouiller le vide de l’océan avec les ornithologues… sans succès. Ce sera peut-être demain alors…

La mer est toujours calme, il y a encore peu de vent, ce vent indispensable pour que ces grands planeurs puissent voler.

Dans l’après-midi, nous travaillons avec Solenne pour enregistrer une séquence. Elle travaille pour la Réserve naturelle nationale des Terres australes françaises, elle est responsable de la biosécurité. Elle nous explique tout (ou presque) sur les espèces introduites, l’impact qu’elles ont sur l’écosystème et ce qui est mis en place pour lutter contre celles qui sont présentes et prévenir de nouvelles introductions.

Puis, avec Nicolas, nous faisons le tour des cales pour voir les provisions de nourriture qu’il a préparé pour ravitailler Crozet, Kerguelen et Amsterdam. Tout doit être très organisé, car les bases dépendent complètement de ce qui est apporté par le Marion-Dufresne, rien ne doit manquer. Par exemple, l’ordre de rangement est important, on doit pouvoir accéder au stock de Crozet en premier puis de Kerguelen et enfin Amsterdam. De même le conditionnement est important puisque le débarquement du matériel à Crozet se fait uniquement par hélicoptère alors qu’il se fait par chaland* à Kerguelen.

Nous finissons par connaître tous les recoins ou presque du bateau après notre visite d’hier de la salle de machine et sa salle de commande. Avec Éric, le chef mécanicien, nous avons pu voir les 3 moteurs diesel qui fournissent l’électricité, les 2 moteurs électriques qui font tourner les hélices, les 4 pompes qui commandent les safrans* et les appareils pour produire de l’eau douce à partir de l’eau de mer, pour le chauffage… C’est une véritable usine dans les entrailles du bateau.

Toujours pas d’albatros quand nous remontons à la passerelle après nos sessions de travail. Et puis, soudain, il est environ 17h, et il surgit devant le bateau, sans un battement d’aile. Il est immense, massif et pourtant il glisse sans effort apparent au ras de l’eau, remonte sur la vague, redescend, son aile frôle l’eau. C’est magnifique, émouvant. Il est là, c’est notre premier albatros, c’est un albatros hurleur, le plus grand. On va s’endormir sur cette image magique.

A demain Francine & Eric

Position du bateau ce soir : Latitude: 39,92° Sud Longitude: 53,42° Est

Température de l’air : 18,5° Température de l’eau : 18°

* vous pouvez chercher ce terme de marine dans le dictionnaire ;)

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